Le front populaire

ciné-archives
HÉRITAGE (L')
    • Genre
    • Documentaire
    • Année
    • 1936
    • Coloration
    • Noir & Blanc
    • Son
    • Muet
    • Durée
    • 00:38:00
    • Réalisateur
    • Albert MOURLAN
    • Format original
    • Film 35 mm
  • L'héritage expose la situation de la ville de Colombes à l'heure où une nouvelle équipe municipale vient tout juste d'être élue.

    Le film commence par retracer le développement urbain de Colombes depuis le XVIIIe siècle : de petit village rural, Colombes s'est transformée progressivement en grande ville industrielle. Les problèmes sociaux et économiques rencontrés par Colombes depuis la fin de la Première Guerre mondiale sont ensuite mis en lumière pour montrer qu'ils n'ont pas été suffisamment pris en considération par l'ancienne municipalité. C'est donc avec un héritage assez lourd que la liste de Front populaire, élue en mai 1935, doit composer. Après avoir rendu compte de la grande fête organisée au stade de Colombes pour célébrer la victoire électorale, le film évoque les premières actions concrètes. C'est particulièrement sur la question de l'enfance que les efforts se sont concentrés : à titre d'exemple, l'héritage présente les séjours de vacances à la campagne proposés par la mairie. Le film s'achève sur une affirmation : la volonté d'action de la nouvelle équipe municipale.

    L'héritage est un film réalisé alors que la municipalité de Colombes vient tout juste d'être conquise par une liste de Front populaire, en mai 1935. C'est Elie Bruneau, communiste, qui devient le maire de la ville.
    Le film vise un double objectif: d'une part mettre en lumière le bilan très négatif de l'action de l'ancienne municipalité, et d'autre part valoriser les premiers changements effectués par la toute nouvelle équipe municipale. La politique en faveur de l'enfance est centrale dans L'héritage: le film veut insister sur les actions qui ont été accomplies en seulement quelques mois.

    Albert Mourlan (1887-1946) a réalisé, de 1932 à 1937, plus d'une dizaine de films pour les municipalités communistes de banlieue parisienne.
    Trois au moins ont été commandés par Colombes: L'héritage (1935), Colonies de vacances (1936); Les colonies de vacances de Colombes (1937). On peut remarquer que certains plans de L'héritage sont repris dans Les Colonies de vacances de Colombes (séquence de l'excursion au lac).
    Muet, L'héritage est particulièrement riche en cartons, graphiques et documents iconographiques.

    Lieux: Colombes, Bezons, Alfortville, groupe scolaire Octobre, Rethondes
    Personnalités: Marcel Cachin, Maurice Thorez, Elie Bruneau, Emile Boyer, Cottereau, Alexis Gaume, Maurice Nilès

    Cartons:
    -la municipalité Front populaire de Colombes présente
    -l'héritage
    -la vie des collectivités, comme celle des individus, est tributaire d'antécédents dont l'empreinte plus ou moins profonde conditionne leur avenir
    -Colombes en 1725 un petit village de 700 habitants s'adonnant presque exclusivement à la culture
    -1789 la Révolution disposant de biens de l'Eglise et des émigrés procède au lotissement de ces biens
    -les constructions s'élèvent au hasard, sans ordre, sans méthode, selon les lois de la circulation humaine qui zigzague pour éviter les obstacles
    -quelques vues du vieux Colombes dues au crayon de M Berville
    -aujourd'hui
    -la vie économique et sociale bouleversée par 4 années de guerre rend la situation de la commune fort précaire. Cette situation pèse encore lourdement sur le présent
    -la crise du logement qui sévissait à Paris fait refluer vers sa banlieue d'innombrables habitants
    -le taudis, l'îlot insalubre, étalent encore leur lèpre sur le territoire de Colombes
    -Colombes ne dispose que de quelques groupes scolaires insuffisants pour loger dans des conditions d'hygiène désirable la nombreuse population enfantine
    -Si certains de ces groupes scolaires sont de construction assez récente...
    -Ils s'apparentent encore à la caserne et demeurent inconfortables, lugubres et surpeuplés
    -d'autres, comme le groupe du drapeau constitue un véritable danger
    -ces baraquements en vieille tôle bossuée, trouée, pustuleux
    -tapissés de bois à l'intérieur
    -sont brûlants l'été
    -l'hiver, un mode de chauffage archaïque y maintient difficilement une température insuffisante
    -des cours ouvertes à tous vents
    -un toit en tôle ondulée de 20 mètres carrés tient lieu de préau pour abriter les enfants quand il pleut
    -dans un réduit, 4 lavabos
    -...pour 120 écoliers qui doivent se laver les mains avant d'aller à la cantine scolaire
    -le réfectoire: une salle basse où les enfants s'entassent pour prendre leur repas
    -le mauvais état sanitaire de nombreux enfants, état provenant d'une part du surpeuplement et des mauvaises conditions d'hygiène des écoles
    -mauvais état sanitaire provenant aussi d'un défaut d'alimentation rationnelle que de nombreux parents ne peuvent donner à leurs enfants
    -1935 bilan
    -1935 écoles
    -1935 taudis
    -1935 maternité
    -1935 urbanisme
    -1935 enfance
    -cependant ce passé mort pour Colombes sue l'activité. Les particuliers défendent leurs capitaux
    -Colombes 1935; réalisations municipales
    -partout ailleurs les municipalités ouvrières œuvrent à tout prix pour l'enfance
    -Bezons
    -Alfortville
    -air, lumière, soleil
    -classes où le désir de rester l'emporte sur l'envie de fuir... la leçon
    -possibilités de se traduire et d'affirmer une personnalité
    -tandis qu'à Colombes
    -partout ailleurs les municipalités ouvrières s'efforcent d'enrichir la vie des tout petits
    -Colombes 1935: empreinte profonde du passé
    -le Front populaire prend en main la destinée de Colombes
    -juin 1935: le Front populaire fête sa victoire au stade de Colombes
    -Bruneau maire de Colombes
    -Cottereau, du parti radical socialiste Camille Pelletan
    -Boyer maire adjoint de Colombes
    -Thorez
    -Cachin
    -dès leur arrivée à l'hôtel de ville, en mai 35, les élus du Front populaire, s'appuyant sur l'expérience des vieilles municipalités ouvrières, s'engagent hardiment dans l'action en faveur de l'enfance
    -juillet 1935... pour récompenser l'esprit de solidarité et de camaraderie des enfants des écoles, la municipalité organise une promenade à Rethondes
    -Rethondes, la carrefour de l'armistice
    -la forêt
    -les cantines
    -hier
    -malgré l'héritage, une cuisine où l'on prépare les repas pour 120 enfants
    -aujourd'hui
    -pour les enfants des chômeurs
    -voulant arracher l'enfance aux dangers de la rue le patronage municipal naît et s'essaye à vivre
    -sur le terrain du stade scolaire une leçon de football réunit de nombreux amateurs
    -puis une partie se dispute
    -ici un jeune artiste termine la maquette d'un tapis
    -que de petits camarades exécuteront
    -là une équipe de jeunes travailleurs transporte une poutre qui sera bientôt transformée en métier à tisser
    -là de jeunes jardiniers
    -mi Carême ! Bonne occasion de donner de la joie aux enfants
    -la municipalité organise un concours de travestis
    -plus de mille enfants ont envahi la salle des fêtes de la mairie
    -des clowns, un bon goûter... les enfants partent joyeux et fiers!
    -un départ pour une grande promenade
    -la forêt
    -la corvée d'eau
    -déjeuner sur l'herbe
    -on ronge même les os
    -un sandwich pépère
    -béatitude gastronomique
    -la vie est belle
    -une fête de vacances à la colonie de vacances
    -à cette fête s'était associée l'harmonie de Bruxières-les-Mines
    -les petits colons d'Aulnay-sous-Bois
    -en présence de M le maire de Veurdre président de la fête
    -notre camarade Gaume conseiller général de l'Allier rappelle les traditions républicaines de la région et l'accueil fait aux enfants de Colombes
    -Nilès, maire d'Aulnay-sous-Bois
    -et le maire de Colombes se félicitent de la sagesse des enfants et de l'affectueuse sympathie des habitants
    -la municipalité peut être fière des résultats obtenus. L'effort qu'elle fait n'a pas été vain
    -les jours heureux sont morts. Les vacances sont finies!
    -l'école du passé s'étend à nouveau sur l'avenir comme un suaire
    -arrachée un instant de la misère quotidienne
    -...la misère quotidienne a repris ses droits
    -mais les élus de Colombes s'acharnent et veillent
    -l'héritage demeure une plaie purulente

    Mots clés
    Colombes, Hauts-de-Seine
    Front populaire, municipalité communiste, communisme municipal, banlieue rouge, ceinture rouge
    Enfant, enfance, colonie, vacances, colon, patronage municipal
    Ecole, écolier, classe, cour, réfectoire, cantine, groupe scolaire
    Sport, football, gymnastique, parade sportive, tissage
    Carnaval, fête, harmonie, fanfare
    Taudis, bidonville


    Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images
  • tc intc outduréedescriptionmots clés
    01:00:00:0001:05:06:0000:05:06:00Histoire de Colombes: Le film commence par un historique du développement urbain de Colombes de 1725 au début du XXe siècle. Cartes et documents à l'appui, le passage d'un petit village rural à une ville industrielle de banlieue parisienne est retracé.  
    01:05:06:0101:14:10:0000:09:03:24Colombes depuis la Première Guerre mondiale: Cette séquence expose la conjoncture dans laquelle se trouve Colombes depuis la fin de la Première guerre mondiale. C'est d'abord la question du logement qui est abordée: de plus en plus peuplée, la ville manque de logements. Plusieurs quartiers sont insalubres, ce qui contraint certaines familles à vivre dans des taudis. La vétusté des infrastructures scolaires est longuement soulignée: à l'image, des salles de classe, des cours d'écoles, pour insister sur les mauvaises conditions dans lesquelles les enfants sont accueillis. Par opposition, les nouveaux groupes scolaires construits à Bezons et à Alfortville sont cités comme des modèles à imiter. Cet héritage, négatif, est celui avec lequel doit composer la nouvelle municipalité de Front populaire, élue en mai 1935.  
    01:14:10:0101:18:06:0000:03:55:24La fête de la victoire de la liste Front populaire: Cette victoire électorale est fêtée avec faste au stade de Colombes: jeunes filles et jeunes garçons défilent en uniformes puis font des démonstrations d'exercices physiques. Elie Bruneau, le nouveau maire communiste, Emile Boyer, son adjoint socialiste, prononcent des discours; Maurice Thorez puis Marcel Cachin prennent la parole. 
    01:18:06:0101:26:42:0000:08:35:24Les actions pour l'enfance à Colombes: La dernière partie du film recense les premières actions de la municipalité en faveur de l'enfance. Colombes suit l'exemple des « vieilles municipalités ouvrières »: Ivry, Bezons, Alfortville, Malakoff, Bagnolet, Villejuif et Vitry sont citées en exemple. En juillet 1935, une excursion à Rethondes est organisée par la municipalité de Colombes. Un groupe part en autocar. Les participants profitent d'une visite guidée à la clairière Rethondes, où a été signée l'Armistice de la Première Guerre mondiale. Autre exemple: celui des cantines. Quelques images décrivent un déjeuner tel qu'il était auparavant: les écoliers mangeaient de la soupe au pain et des pâtes. Depuis le changement de municipalité, même si les enfants se restaurent toujours dans le même endroit, le menu a bien changé : viande, petits pois, pommes. Ce sont ensuite les loisirs proposés aux enfants par le Patronage municipal qui sont présentés: Pour les sportifs, football; pour les artistes en herbe, tissage de tapis. A la mi-Carème, c'est carnaval : les enfants sont déguisés et goûtent dans la salle des fêtes de la mairie. 
    01:26:42:0101:33:22:0000:06:39:24Promenade et séjours de vacances proposés par la municipalité: En autocar, les enfants partent faire une promenade. Le groupe s'arrête dans la campagne: certains enfants vont remplir les gourdes d'eau à la rivière. Tous pique-niquent au bord d'un chemin de terre: des fillettes rongent les os de poulet; un garçon croque dans un copieux sandwich. Après avoir repris l'autocar, les enfants arrivent au bord d'un lac. Ils s'amusent sur la rive. Un autre jour, la colonie de vacances est en fête. Pour l'occasion, l'Harmonie de Bruxières-les-Mines joue dans les rues d'un village et les colons d'Aulnay-sous-Bois sont présents. Sous le regard du maire de Veurdre, d'Alexis Gaume, conseiller général en Allier, de Maurice Nilès, maire d'Aulnay-sous-Bois, et d'Elie Bruneau, maire de Colombes, les enfants, en uniformes, font une démonstration de gymnastique en plein air. Quelques graphiques résument les prises de poids, parfois spectaculaires, des enfants après leur séjour de vacances. 
    01:33:22:0101:35:15:0000:01:52:24Le retour: A leur retour, les enfants retrouvent « la misère quotidienne »: alternent images des enfants dans les écoles, des adultes travaillant dans les usines, et images des enfants s'amusant. 
    01:35:15:0101:37:03:0000:01:47:24La volonté d'action de la nouvelle équipe municipale: Le film s'achève en rappelant le poids de l'héritage, la volonté d'action de la nouvelle équipe municipale qui s'incarne dans le projet d'un groupe scolaire dont on peut observer la maquette à l'image. 
  • 1936-1938 Front populaire - Alfortville (94) - Banlieues rouges, « communisme municipal » - Bezons (95) - Bruneau Élie - Colombes (92) - Colonie de vacances - Mouvement de jeunesse - Thésaurus